Un volcan est un relief terrestre ou sous-marin formé par l’éjection et l’empilement de matériaux issus de la montée d’un magma sous forme de lave et de tephras tels que les cendres.
On compte environ 1500 volcans terrestres actifs, dont une soixantaine en éruption par an. Les volcans sous-marins sont les plus nombreux. Le volcanisme représente, avec les séismes, l’une des manifestations de la tectonique des plaques. La quasi-totalité du volcanisme dans le monde se situe aux frontières entre deux plaques. Un second type de volcanisme, dit de point chaud, est indépendant de ces mouvements de plaques. Le volcanisme est toujours le résultat d’une remontée en surface d’un magma profond, mais ses manifestations en surface peuvent différer d’une éruption à une autre.
On distingue deux types d’éruptions : explosives ou effusives qui toutes deux occasionnent de nombreuses manifestations en surface (retombées de cendres et de ponces, nuées ardentes, coulées de lave, émanations de gaz...)
Volcanisme en France
La France fait face à un risque lié à ses propres volcans, ainsi qu’à ceux situés sur d’autres territoires (émissions de cendres et gaz toxiques dans l’atmosphère pouvant affecter le territoire national), tels que l’Islande ou l’Italie.
Les volcans actifs du territoire national sont soit des volcans de subduction, caractérisés par un régime éruptif généralement explosif, comme aux Antilles (Soufrière à la Guadeloupe et Montagne Pelée à la Martinique), soit des volcans de point chaud, caractérisés par un régime éruptif généralement effusif comme à la Réunion (Piton de la Fournaise). Ces volcans actifs représentent les risques volcaniques majeurs sur le territoire, notamment aux Antilles.
À ces volcans, il faut ajouter les volcans du Massif Central, les volcans de la Corse et du fossé Rhénan, ceux des îles australes de l’Océan Indien, qui sont tous des volcans éteints (excepté le volcan sous-marin Mont Boomrang dans les Terres australes), ceux de Mayotte (Mont Benera) et ceux de la Polynésie française (où le seul volcan actif terrestre est le Mehetia, les autres volcans actifs étant des volcans sous-marins).
Il n’y a pas de volcans actifs en métropole. Un volcan en sommeil se différencie d’un volcan éteint par le fait qu’il peut à nouveau entrer en éruption, même si les risques sont très faibles.
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En France, la seule éruption catastrophique connue est celle de la Montagne Pelée, en Martinique, le 8 mai 1902. Elle fit environ 29 000 morts. C’est la plus grande catastrophe française depuis le début du XXe siècle.
Ci-dessous: La ville de Saint-Pierre après la nuée ardente de mai 1902
Ci-dessous: vidéo sur la Montagne Pelée
Des éruptions relativement modérées se produisent régulièrement à la Réunion, sans causer de dégâts matériels ou humains importants. Les trois volcans en activité à la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion sont parmi les plus surveillés au monde.
La surveillance des volcans
La prévention contre les risques volcaniques passe par une amélioration de notre connaissance des volcans afin de mieux évaluer l'aléa, et par le développement des moyens de surveillance pour détecter les signes annonciateurs des éruptions. Elle s'appuie aussi sur la capacité des sociétés à anticiper les situations de crise, sur la réduction des vulnérabilités et sur l'information préventive des populations.
L'étude de l'histoire des volcans
Afin de mieux connaître un volcan et de savoir ce dont il est capable, il est essentiel d’étudier ses éruptions passées, qui sont enregistrées dans les couches géologiques et les dépôts éruptifs qui constituent le volcan lui-même. Ces études permettent aux scientifiques de mieux comprendre son fonctionnement, son histoire, les différents types d’éruptions possibles, et aident ainsi à estimer quels seront les aléas susceptibles de survenir en cas de nouvelle éruption. Lorsque les données existantes sur un volcan en particulier sont insuffisantes, l’étude et l’analyse d’autres volcans du même type (analogues) ailleurs dans le monde est aussi souvent un bon moyen d'améliorer nos connaissances.
Les réseaux de surveillance
Les éruptions volcaniques sont généralement précédées de signes précurseurs plus ou moins faciles à reconnaître et interpréter, qui traduisent la remontée du magma vers la surface. Ces modifications peuvent notamment produire des séismes, des déformations de l’édifice volcanique, une modification de la température et de la chimie des gaz... Il est ainsi essentiel de disposer de réseaux de surveillance autour des volcans, afin de permettre aux scientifiques d’enregistrer des signes de réveil potentiel, et de prévenir à temps les autorités et les populations. En France, les Observatoires volcanologiques dépendent de L’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP). La surveillance de l'activité volcanique (sismicité, déformations du sol, émission de gaz) permet de prévoir l’arrivée d’une éruption, et d’évacuer la population avant celle-ci.
> La surveillance sismique
Une éruption volcanique est toujours précédée d'une activité sismique traduisant la montée du magma. Des sismomètres sont disposés tout autour du volcan pour enregistrer cette activité.
> La surveillance topographique
La topographie désigne la forme du paysage. Une reprise d'activité volcanique se traduit par une déformation des pentes et par l'ouverture de fissures sur le volcan, dues à l'augmentation de la pression exercée par le magma. Il existe essentiellement quatre capteurs de déformations :
l'inclinomètre (mesure l'inclinaison des pentes du volcan)
l'extensomètre (mesure l'écartement des bords d'une fissure)
le distancemètre (mesure la distance entre des points de repères)
les récepteurs GPS (déterminent la position d'un point de repère)
> La surveillance géochimique
En dehors des périodes d'éruption, des gaz s'échappent librement et de manière régulière du volcan. On appelle cela des fumerolles. Quand une éruption va se déclencher, la composition chimique et la fréquence de sortie des gaz change, c'est pourquoi il est nécessaire de les surveiller de près. Les gaz relâchés sont variés, mais le principal est la vapeur d'eau. Il y a néanmoins d'importantes quantités de dioxyde de carbone, de sulfure d'hydrogène, de dioxyde de soufre et d'acide hydrofluorique. Parmi ces gaz, certains sont dangereux voire mortels.
Les actions de prévention
Face aux phénomènes généralement destructeurs et incontrôlables des éruptions, la seule solution pour préserver les populations est souvent l'évacuation préventive des zones menacées.
Cela suppose l’anticipation des phénomènes et nécessite la publication de carte d'aléas (définissant les zones menacées) et de plans d'évacuations, en lien avec une surveillance permanente qui détectera les signes précurseurs d’éruption.
Les autres actions de prévention concernent :
- la préparation de plans de secours, d'évacuation, et d’organisation de la vie pendant une éruption, en lien entre services de l’Etat, Collectivités et Citoyens ;
- un aménagement du territoire, pour limiter l'exposition des populations et des biens, et éviter tout dysfonctionnement majeur en cas d’éruption de moyenne ou longue durée ;
- une sensibilisation et une information régulière de la population.
Les comportements à avoir en cas d'éruption
> Agir avant
En période de suractivité du volcan:
- Soyez attentif aux directives de la préfecture qui seront diffusées par les médias et à l’information donnée sur la situation du volcan.
- Envisagez l’éventualité d’une évacuation et préparez-vous y : imaginez un possible repli familial.
- Préparez l’équipement nécessaire (médicaments, papiers d’identité, lampe de poche, etc.), détaillé dans le Guide de préparation aux situations d’urgence.
- Disposez d’une réserve d’eau potable et d’aliments et couvrez les citernes d’eau.
- Prévoyez plusieurs masques anti-poussières et des casques.
- Remplissez le réservoir de carburant de votre véhicule et stationner le de façon à permettre un départ facile et rapide.
- Identifiez les voies d’évacuation rapides et les zones à éviter (fonds de vallée, plaine en aval d’une rivière…).
La vie reste possible dans la zone du volcan dès l’instant où l’on respecte les zones d’exclusion.
> Agir pendant
- Informez-vous : écoutez et suivez les consignes données par la radio et les autorités.
- Pensez à bien protéger les personnes sensibles (asthmatique...) en les équipant de masques et en gardant leurs médicaments à portée de main.
- Restez dans les immeubles, maisons, abris.
- Prévoyez un lieu de repli ou rapprochez-vous des services de la mairie chargés d’organiser l’évacuation des populations.
- Soyez prêt à l’éventualité d’une évacuation.
- Évitez de téléphoner pour laisser les secours disposer au mieux des réseaux.
> Agir après
- Restez à l’écoute des consignes sur la conduite à tenir, émises par les radios et stations de télévision.
- Évitez de vous éloigner de votre domicile, sauf en cas de consignes contraires des autorités.
- Envisagez l’évacuation des malades ou blessés et des personnes à mobilité réduite.
- Enlevez, dès que possible, les dépôts de cendre volcanique sur les toits des maisons.
- Évitez de téléphoner pour ne pas encombrer les lignes.

